Demoiselle 32

© Tom Hagemeyer
Melle Sucre d’Orge répond au Questionnaire de Proutt des Demoiselles de Paris dans le cadre de la sortie du livre Be Burlesque
Est ce que c’est difficile d’être glamour ?
Glamour : « Une beauté sensuelle, pleine de charme et d’éclat, caractéristique de certaines vedettes féminines de Hollywood. Quelqu’un de glamour est à la fois suave, sexy, beau et souvent délicatement à la mode. »
D’après cette définition, il me semblerait qu’être glamour soit tout un art. En la matière, il existe des enfants prodiges (Mozart qui a composé ses premières œuvres à l’âge de 6 ans !) et puis d’autres, pour qui l’art est plus laborieux. Parfois, même une vie ne leur suffit pas.
Tu ne serais pas Sucre d’Orge sans…
Une pointe d’humour et de naïveté
Si tu étais un homme, que dirais-tu à une Demoiselle pour l’effeuiller ?
Ohlala… Plus je connais les femmes et plus je plains les hommes. J’aurais été très maladroit. Je ne sais pas, j’essaierais de la faire rire. Sur un malentendu, ça peut marcher.
Ou alors les jours de grand panache, je ne dirais rien, je laisserais les corps se parler
Qu’est ce qui se cache dans ta boîte à sous-vêtements ?
MES boîtes à sous-vêtements ! Des soutien-gorges de toutes formes et couleurs, des culottes, de la dentelle, de la soie, du coton, des guêpières, des bas, des corsets…
Je suis une vraie fétichiste des sous-vêtements. Mais je réponds à côté de la question car je ne les cache pas vraiment dans leurs boîtes…
La saison qui te rend sensuelle ?
L’hiver peut-être. Je peux sortir Georges, mon renard. Quand il est autour de mon cou, il me rend câline. Et puis au creux de l’hiver il fait souvent nuit, on peut alors accumuler les épaisseurs de vêtements pour mieux les enlever.
Comment s’appelait le premier garçon qui t’a fait danser ?
C’est moi qui les fait danser
Dans quel costume a-t-on le plus de chance de te voir heureuse ?
En costume d’Ève, sans aucun doute
Pour ou contre les cache-tétons ?
Pour ! Bien sûr ! Ils cachent les tétons mais ils montrent éhontément toute la poitrine, ils la subliment ! A eux seuls ils donnent un air effronté, triomphant ou lascif au buste et surtout ils sont l’ultime présence. Le souvenir de ce qu’a été la femme au début de l’effeuillage, ils condensent l’essence du costume
Tu penses à quoi lorsque tu enlèves ton haut ?
Sur scène : à rien en particulier, je suis dans l’instant
A deux : « à nous deux ! »
Seule : « ouais, pas mal… »
À qui as-tu envie de dire « je t’aime », là, tout de suite, maintenant ?
C’est un secret
Naît-on burlesque ou le devient-on ?
On le décrète.
Au-delà de cette réponse un peu facile, il faut surtout remettre en question… La question !
Qu’est-ce-que le burlesque ? Est-on burlesque par une attitude, une activité, un style, une façon de penser ?
En fait, le burlesque me parait être une coquille vide que chacun peut remplir de ses propres fantasmes, préférences et qualités.
C’est ce qui explique l’immense diversité des styles que regroupe le genre : du plus « trash » au plus glamour, du plus rétro au plus contemporain, de l’onirisme au quotidien.
Être burlesque c’est peut-être simplement exprimer et mettre en scène à un moment donné, ce qui nous fascine. C’est une démarche que l’on retrouve dans le théâtre ou les autres arts. Ce qui distingue sans doute le burlesque, c’est une certaine forme et certains codes : l’effeuillage, qui est au centre de la mise en scène (et encore ce n’est pas si sûr) et l’effeuilleuse, qui est au cœur de la création et qui parle d’elle-même.
Je transforme donc ainsi la question : naît-on ce que nous sommes ou le devient-on ?
Je vous laisse répondre ou lire certains philosophes. Ce qui est sûr, c’est qu’un jour on prend la décision ou pas de se mettre en scène au travers de l’effeuillage et d’une certaine façon on se « décrète » burlesque.
Que penses-tu de ce proverbe égyptien : Celle qui ne sait pas danser dit : « La terre est bosselée ?
Ahah ! Mais oui, il faut toujours rejeter la faute sur quelqu’un ou quelque chose ! C’est un comportement très sain, il évite bien des ulcères et des complexes.
Par contre, il faut absolument danser, que la terre soit mouillée, bosselée ou autre… C’est sans doute un des secrets du bonheur
Ton truc est-il en plume ?
Yes my dear !
Si Blanka Lazare était une chansons, elle serait… ?
« Baubles, bangles and beads ». Évidemment ! Avec toutes les merveilleuses créations de Blanka, ses bijoux, ses perles, ses diadèmes… C’est toujours un enchantement.
Quand elle entre en scène on sait qu’on va découvrir une parure extraordinaire. Heureusement, qu’elle en créé aussi pour celles qui le souhaitent, sinon elles seraient mortes de jalousie ! Blanka a réalisé mon costume de Flamant rose, tout en plumes et en strass et celui de mon dernier numéro « L’amour sorcier », très inspiré de la Shéhérazade de Léon Bakst. Je les adore !
( > Pour écouter, c’est ici )
Qu’est ce que tu laisses en coulisses ?
Tout en désordre
Ça te fais quoi d’être une Demoiselle de Paris ?
Ça me réjouit. J’ai toujours eu envie de vivre à Paris quand j’étais enfant. Montmartre et le Moulin Rouge me faisaient rêver.
Aujourd’hui je vois cette ville comme une cours de récréation géante. Il suffit de rencontrer les bons partenaires de jeu et d’avoir envie de s’amuser pour en profiter pleinement
Quel est ton programme, maintenant que tu as répondu à ce questionnaire ?
Dormir un peu avant de sortir danser
SON ACTU :
Sucre d’Orge danse tous les derniers vendredi et samedi de chaque mois au China avec La petite cour des Astres.
Elle danse par ailleurs souvent au Raspoutine, au Carmen, au Silencio et dans d’autres lieux en France ou ailleurs.
Elle se produira le 25 janvier à la soirée Be Burleque au café Carmen. > Pour plus d’info, c’est par ici…
SES SITES :
> www.sucredorge-burlesque.blogspot.com
> Retrouve aussi Sucre D’orge sur Facebook
> En savoir plus sur le livre Be Burlesque dans lequel apparaît Sucre d’Orge
> Découvre ici l’interview de sa copine Blanka Lazare

© Tom Hagemeyer

© Oliv
- S'INSCRIRE À LA NEWSLETTERLa Carte Postale des Demoiselles
Derniers articles


